Les timides, ces coeurs discrets

En ces temps de rentrées scolaires , j’avais envie de dédier ces quelques lignes à tous les angoissés de la mise en scène qui ont enfoui dans leurs entrailles cette incapacité à conjuguer le verbe « oser ».

Et je vous comprends dans le combat intérieur que vous menez .

Car en vérité je vous le dis, moi aussi timide je l’ai été.

Entre envie et hésitation, entre moiteur et sueur, avec ces  mains qui ne demandent qu’à s’exprimer, et puis ces  bras dont on ne sait que faire, trop grands, trop ballants à notre goût, car oui maladroits nous le sommes c’est indéniable, et « malagauches » aussi faut bien se l’avouer.

J’ai fait partie de ceux  dont le cœur battait la chamade, à chaque question posée, même en connaissant la réponse, l’émergence du « blanc » tant redouté.

J’ai intégré le clan des « rougissants » à chaque compliment formulé, peu habituée à être autant considérées.

J’ai adhéré aussi à  cette catégorie de personnes oppressée par le groupe, incapable de tisser des liens, asphyxiée dans un coin.

J’ai été fichée par des  «doit plus participer en classe », « peut mieux faire à l’oral », et oui je l’avoue,  dans ce domaine-là, j’ai été sous-classée.

J’ai aussi intégré la caste des « inaudibles », les transparents, ceux que l’on n’écoute pas, dont on ne capte jamais la présence car la voix ne « porte » pas.

Une vraie V.R.P de l’invisibilité, pour tout vous dire un vrai métier.

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 J’ai admiré les pitres, j’ai vénéré les « forts en verbe », bluffée par ceux qui font leur show, qui se donnent en spectacle, ceux qui captent du regard le public pour redorer le blason d’une lumière qui chez eux a vacillé.

Timide je l’ai été, et j’ai réussi à me prouver à moi-même que cette protection-là n’était qu’une muraille face à l’altérité. Et puis un jour les yeux rivés au sol  ont osé se fixer.

Alors je pense à ceux qui poursuivent leur chemin dans cette étrange contrariété.

 Parce qu’on n’a jamais réussi à obtenir un rendez-vous avec sa propre identité, les délais sont parfois longs avant  d’oser se rencontrer.

Parce que les rugissements du monde qui nous entourent ne collent pas à notre sensibilité.

Parce qu’on patauge encore dans les marasmes de son passé.

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Et je m’adresse à vous, ceux qui rentrent dans la vie sans tambour, ni trompette, sans tapis rouge déployé.

A tous les aphones de naissance, handicapés du grand oral de l’existence, je vous tire mon chapeau bas pour arriver à survivre dans ce monde  superficiel où l’unique ritournelle rime avec « Briller en société ».

Si au lieu de surfer sur tous les podiums planétaires, si au lieu d’entrer en compétition entre âmes égarées, si au lieu de fanfaronner pour savoir qui va gagner, on pouvait rentrer dans votre monde.

5 minutes de silence .

Et vous écouter.

Accueillir vos doutes, vos murmures , vos peurs et votre hypersensibilité  pour enfin pouvoir vous rassurer.

Pour vous dire.

Non,  vous n’êtes pas des aliens.

Juste touchés par le réel comme une âme en peine, cherchant à se frayer un chemin vers une autre forme d’expression.

Vous portez cet héritage subtil, le pouvoir du repli, de l’introspection et l’élégance  rare des cœurs discrets et ses multiples colorations.

Soyez fiers de votre incarnation.  Vous portez inconsciemment les germes de l’humilité et de la sagesse, deux valeurs sûres, profondément humaines, qui  ne demanderont un jour qu’à émerger.

Véronique

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