C’est drôle, beaucoup font leur grand ménage au printemps …moi c’est l’automne je trie, je classe, je jette .
Je me déleste pour tout vous dire.
J’adore cette saison. Les bogues de marrons, les champignons, les odeurs de l’humus après la pluie et les premiers crépitements d’un feu de cheminée.
S’il est une saison qui évoque parfaitement le détachement et le dépouillement c’est bel et bien l’automne dans lequel nous venons de nous engouffrer.
Et qu’a-t-elle donc à nous raconter cette triste saison ? Est-ce vraiment la fin ? Et de quelle fin parle t-on ?
La fin d’une lumière arrogante, d’un soleil brûlant, des apéros enivrants … L’été serait-il donc pour autant un menteur, un fossoyeur de rêves ?
L’été, je le connais bien j’y suis née, et je sais qu’il ne fait aucune fausse promesse.
Les terrasses, les plages, les cocktails à gogo, ne sont que des petits shoots de substitution, qu’on se le dise, des éclats de paillette sur le « dance-floor » de nos illusions.
Et lorsque la trêve estivale s’installe , pas de machine arrière, mais juste faire une haie d’honneur à cette bascule saisonnière .
Le décor de paillettes s’écroule pour une nouvelle mise en scène. Plus de place aux faux-semblants et à la consommation. Pleins feux sur l’introspection.
Soyons spectateur de cette nouvelle fresque de saison, applaudissons à cette mise en scène où la nature prépare un nouveau spectacle, plus ancré dans la Terre, plus réaliste, empreint d’intimité et d’un certain mystère.
On en a plein les mirettes de ces couleurs flamboyantes qui inondent nos forêts. Un rappel à la lecture pour découvrir une nouvelle langue, celle de la Nature.
Chaque bruissement de feuille sous nos pas nous parle de dépouillement, de transformation, où l’on nous murumure à chaque foulée : « Tu vois , je me suis détachée « .
La bruine du matin n’ a pas vocation à nous parler de dépression mais à nous rafraichir les idées car si la chaleur nous engourdit, le froid quant à lui nous réveille , nous saisit.
Et même si la lumière décline, si la nuit tombe plus vite, si les angoisses commencent à susurrer, qu’importe, il s’agit d’accueillir le temps de l’ombre comme une exploration.
Une lumière différente s’installe plus distante. Plus pâle, plus douce, caressante comme un clair obscur sans la moindre agression
C’est incroyable comme la Nature sait vivre à son propre rythme, respecte ses cycles et épouse les changements tout naturellement.
Elle se respecte.
Et si on considérait l’automne non pas comme un renoncement, non plus comme une fin, mais comme une préparation pour la suite ?
Cette grande parade hivernale, à l’orée de la saison froide, qui nous attend.
Bienvenue dans cette puissante révolution, celle des grands chavirements intérieurs, des incitations à ralentir, des appels à grandir, à laisser partir. Trois mois pour se délester et voyager plus léger.
Oser quitter.
L’automne comme berceau d’une quiétude retrouvée, avant d’initier un nouvel espace celui du repos saisonnier.
Et puisque la Nature est bavarde et qu’elle aime tant raconter en cette légende automnale, écoutons le langage des oiseaux qui nous souffle à mi-mot :
Métamorphose
« Mets à mort le faux et ose »
Véronique



