Quoi de plus noble que de pouvoir donner ? Un geste magnifique, un élan de générosité, de solidarité, d’engagement, de réparation, d’amour et de compassion.
Je te donne parce que tu comptes pour moi et que c’est une façon de te rejoindre en t’offrant un peu de ma personne.
Les donneurs d’amour universels.
Ceux qui donnent de leur temps, ceux qui se donnent corps et âme, ceux qui donnent leur chemise, ceux qui se donnent la peine, ceux qui se donnent en amour, ceux qui donnent de leur personne et bien sûr ceux qui ont … tout donné.
Ca fait joli sur le papier. Et c’est vrai il faut bien l’avouer, le fait de donner est un acte empreint de majesté, mieux qu’un long discours, une façon de créer un lien entre deux êtres.
Mais qu’en est-il lorsque l’on donne trop ? Tout à foison ? Sans cesse et sans compter ? sans se respecter ? Temps ,argent, énergie, amour, ah l’amour parlons-en !
Pourquoi brûler toutes ces calories si ce n’est pour se sacrifier sur l’autel de l’altérité ? S’évertuer à envoyer des signaux de fumée pour qu’enfin on soit repéré.
Je l’entends arriver cette blessure non cicatrisée. Cette complainte liée à une enfance blessée a tellement de choses à exprimer.
La peur d’être a-ban-donné .
Petit aparté sur le sens du verbe (« a-ban–donner »). En ancien français, cela signifie mettre au ban « au pouvoir de » (du Seigneur). Laisser la personne sous le pouvoir d’une autre capable de lui donner, amour, argent etc
Alors on en fait des tonnes pour être aimé, pour que la lumière brille encore dans nos yeux, pour que les projecteurs soient braqués sur nos désillusions, pour combler notre vide intérieur ou pour rester debout tout simplement. On remet notre pouvoir et notre amour dans les mains d’un autre, qui lui, planqué dans son bunker émotionnel est incapable d’en accuser réception.
Il pratique le camouflage à la perfection, il n’ y est pour rien, c’est sans jugement juste son système de protection.
Souvent les porteurs de cette blessure franchissent le mur du silence avec l’autre, pensant qu’un jour, il va se fissurer.
Il y a bien une faille quelque part ? Une brèche ouverte dans laquelle la vie et la tendresse vont pouvoir s’engouffrer ?
Pour celui qui donne, l’Amour c’est son fuel, la rencontre une vibration, le voyage une initiation , la fuite ….une trahison.
Comme cette ligne d’horizon qui ne tient jamais ses promesses, et qui s’éloigne, au fur et à mesure que nous avançons.
Et c’est le cœur brisé que les virtuoses du don » abandonnent , qu’ils s’écroulent à l’endroit de leur séisme intérieur, là où la blessure d’abandon est à vif, là où la plaie saigne encore, mis à terre dans leur vulnérabilité.
Il faut bien reconnaître que souvent d’une amitié , d’un amour, d’ une relation forte , on entend plus que le bruit du silence et ses infinies variations.
De ces expériences douloureuses, il reste l’apprentissage de l’impermanence, la précarité et la complexité des relations qui signent l’inconfort de nos transformations.
Ici la Lumière nous invite à sortir de notre léthargie, aspirer à une vie plus haute que celle où nous nous sommes endormis.
Elle rappelle qu’il est grand temps d’ouvrir les yeux et de nous réaliser. S’il est un lieu où le Don trouve sa place, et peut croitre dans un espace fertile c’est tout d’abord au cœur de son jardin intérieur, en cultivant l’ Amour de soi et de son intégrité.
Se souvenir que dans cette vie, souvent tout nous est déjà donné et pourtant rien ne nous est dû.
Véronique



