C’est tout de même incroyable comme le sentiment de culpabilité peut nous ronger de l’intérieur tout au long de notre vie.
Coupable de n’avoir pas été assez ou d’avoir été trop,
Coupable de se faire plaisir, ou de s’interdire ,
Coupable d’être parti trop tôt, ou d’être arrivé trop tard.
On peut tourner en boucle longtemps dans nos cellules grises, car cette liste loin d’être exhaustive pourrait s’étaler indéfiniment.
« L’enfer me ment » vous souhaite la bienvenue dans son univers carcéral, cette prison intérieure dans laquelle nous nous sommes auto persuadés d’en avoir perdu les clés.
La culpabilité agit comme un ressenti pernicieux qui nous enveloppe et qui nous « fout le bourdon » ne nous laissant aucun répit comme une obsession. Une oppression discrète et sourde qui martèle le cœur, celle des familles éclatées, des amours compliqués, des ambiances plombées, des paroles cinglantes , des vides laissés et des étreintes glacées.
Et que dire de nos vies contorsionnées ?
Celles que l’on tente de faire rentrer dans le goulot d’étranglement des dogmes notre société . Alors on se craquèle de tous les côtés, on trébuche devant tant de responsabilités, on flanche dans cette tempête d’obligations, d’injonctions, de devoirs, dans les « tudois- ilfaut » à foison.
On a l’impression d’être dans le collimateur, dans l’œil du cyclone plus communément appelé l’œil du jugement.
Pourtant bien souvent, ce sentiment-là ne nous appartient pas.
Cet héritage subtil et invisible remonte parfois à nos lignées , à nos origines.
La culpabilité s’inscrit dans un patrimoine familial meurtri et soumis, avec pour acteurs des ancêtres fragiles, faillibles, ayant franchi la ligne rouge sur une scène de non droit.
C’est ici que germent les racines de la Honte , celles qui n’ont jamais pu être pansées et qui n’ont pas eu le temps d’être avouées alors on hérite jusque dans notre ADN , histoire qu’un jour il y ait une descendance qui en prenne conscience .
On les reconnait de loin les « coupables de naissance ». On les voit arriver. Ils avancent dans leurs vies discrètement, à pas feutré, le dos courbé, ils s’excusent d’exister et se plient à tous les sacrifices, à toutes les obligations pensant ainsi pouvoir tout réparer.
Portant une faute sans jamais avoir fauté, condamnés aux travaux forcés.
Et puis il y a tous les autres.
Ceux chez qui le « délit » s’est bel et bien invité, ceux qui revisitent la scène mille fois dans la journée essayant en vain d’enterrer l’arme du crime.
Sans se douter qu’un jour, quelqu’un va creuser.
Ainsi, la culpabilité rôde toujours, obsessionnelle, nous enchaine à ses pieds, tel un boulet comme une entrave à l’oubli.
Alors avant que ce poison ne se distille dans notre corps, grignote notre cœur et consume notre âme à petit feu, il n’y a d’autre alternative que de prendre nos responsabilités devant certains faits et une certaine gravité.
Reconnaitre : « oui j’ai dérapé ».
Botter en touche son égo, son orgueil, ses peurs tout ce qui nous enclave pour mieux transformer nos parts sombres et s’en libérer.
S’emparer de sa caisse à outils, et prendre en charge la réparation.
Un mot, un geste, un regard, un café , une autre façon d’adoucir la condamnation pour ouvrir enfin les vannes du Pardon.
Véronique,



