S’aventurer

S’aventurer

Aventurer sa vie

Ma fille est incroyable, elle explore le monde comme une aventurière, elle me fait rêver !

Libérée de toute contrainte, elle prend son envol dans de lointaines contrées. Un jour à  Cuba, ici  au Nicaragua, c’est le sac à dos léger qu’elle entreprend sa destinée.

Je suis admirative de son courage, de sa force et cette volonté, découvrir un ailleurs sans filet et sans aucune sécurité.

Pas si facile de se dégager de ses peurs, voyager demande à lâcher sa zone de confort, de connaissances, affronter le monde tel qu’il est, avec toutes ses beautés, et puis toutes ses parts d’ombre.

Il ne s’agit en rien de voyage d’agrément, c’est une quête de vérité, découvrir le merveilleux pour en être émerveillé.

A quoi ça ressemble  au-delà des écrans et de ce que l’on veut bien nous raconter ?

De quoi suis-je capable quand je ne suis plus dans ma pseudo sécurité ? Comment je dépasse mes propres limites, mes peurs  dans cet ailleurs si différent ?

Elle est bien loin du tourisme de masse, engloutissant les clients sur des paquebots de croisière, ces touristes consommateurs qui ne verront jamais l’envers de la carte postale.

Voyager c’est se séparer de soi et de ses habitudes, de sa propre réalité.  S’acclimater en permanence , chercher une place , un endroit, un lieu et  demain tout sera à nouveau bousculé.

C’est le propre du voyage car rien n’est figé. Un mouvement perpétuel vers la découverte et la liberté.

« Vivre pour soi-même uniquement pendant queques temps ».

Mais il existe une autre façon de voyager et celle-ci sans bouger  lorsque que l’on s’engouffre dans les méandres de notre psyché.

Le voyage des profondeurs, la plongée dans les abysses de soi , un espace particulier où il nous est donné de grandir,  et parfois de souffrir aussi.

Au même titre qu’un voyage culturel et lointain, l’introspection est aussi une grande aventure , c’est le « rendez-vous en âme inconnue ».

Dans le milieu psy, on appelle ça « travailler sur soi »..D’ailleurs, je n’aime pas du tout cette expression, à laquelle je préfère « sculpter son âme » c’est tellement plus joli non ? Et puis c’est tout un art d’élever son âme, c’est un peu comme un diamant qu’on polit.

Ainsi, à chaque fois que l’on s’autorise à déposer à nos pieds un fardeau sur notre chemin de vie, une pierre trop lourde , une quelconque épreuve , on se respecte soi-même, et on s’accorde une certaine valeur.

Plus je suis en paix avec moi-même, plus la colère s’apaise, plus la tristesse s’éloigne, et plus c’est le monde qui nous entoure qui en sera pacifié.

Casser les schémas, briser les chaines de notre prison intérieure, se reconnecter à soi est une  véritable aventure intérieure, souvent douloureuse c’est  vrai, mais nécessaire pour nous libérer !

Le philosophe Jankélévitch fait cette distinction intéressante « l’aventurier qui fait de l’aventure son métier et l’aventureux qui lui , fait de l’aventure sa vie ».

Et oui, vivre est une aventure, n’ayons pas peur de nous y aventurer.

Je nous souhaite à tous de prendre un peu de risques dans nos vies !

 

Véronique G.